Affichage des articles dont le libellé est Lisbonne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lisbonne. Afficher tous les articles

lundi 13 juillet 2015

FESTIVAL SILÊNCIO / LISBONNE













La cinquième édition du festival Silêncio, à Lisbonne, vient de s'achever. Silêncio c'est pendant quatre jours une fête de la parole avec, concentrés dans le quartier du Cais do Sodré, plus de cent cinquante évènements qui se déroulent dans cinquante lieux (galeries, cafés, magasins, places…). Une programmation très éclectique qui célèbre la parole, le silence et la poésie: cinéma, conversations thématiques, concerts, expositions, performances, workshops, spectacles, lectures, activités pour enfants ou encore des parcours Fernando Pessoa et José Sarramago. L'une des caractéristiques du festival est qu'il fait appel à la participation active des lisboètes, en témoignent les façades des appartements qui arborent des phrases, des aphorismes, des mini poèmes écrits par les habitants du quartier.





Au fil du festival la poésie de plusieurs pays était à l'honneur. Pour la session concernant la poésie française j'ai été invité à choisir et à dire quelques poèmes.


Nous étions quatre à dire des poèmes avec un accompagnement musical magistral assuré par Filipe Valentim, pianiste de diverses formations dont Radio Macau ou Wordsong. Mes compagnons de lecture avaient en commun d'être liés de près au monde de la poésie:
Teresa Coutinho est actrice et diseuse de poésie, elle a conçu, entre autres, le spectacle Indicação para se perder à partir de l'oeuvre de Marguerite Duras.

Teresa Coutinho
Diana Almeida cumule de nombreux talents: professeur de lettres et d'art à la faculté de lettres de l'université de Lisbonne elle est également poétesse, photographe et essayiste.

Diana Almeida
Quand à Diogo Dória, acteur et metteur en scène, je l'avais découvert il y a une dizaine d'années dans une belle lecture de poèmes de Fernando Pessoa. Merveilleux comédien il a tourné avec de nombreux réalisateurs dont, excusez du peu, Manoel de Oliveira, Mario Camus, Wim Wenders ou Raoul Ruiz. 

Diogo Dória
Leur choix s'est porté sur des poètes et écrivains français, balayant les époques depuis le XII ème siècle jusqu'au XX ème avec Boris Vian, Francis Ponge ou Marguerite Duras et des lectures de deux poètes contemporains portugais très liés à la langue française: Vasco Graça Moura et Herberto Helder.
Un peu intimidé par pareille compagnie j'ai pris le parti de faire découvrir au public portugais francophile et francophone présent trois poètes contemporains, trois amis de mon Sud-Ouest natal: Didier Bourda, Olivier Deck et Ludovic Pautier.
 
Didier Bourda
Olivier Deck
Ludovic Pautier


J'ai donc choisi de lire des poèmes extraits de trois recueils: de Didier Bourda Y ou le chemin des lettres (Editions Artémis, 2001), d'Olivier Deck Le chemin du silence (Editions Cairn, 2003) et de Ludovic Pautier Ivoire brisé (Editions Atelier baie, 2011).

Diogo Dória

Diana Almeida

A mes côtés: Diana Almeida et Filipe Valentim au piano




J'ai été particulièrement touché par le fait qu'à l'issue de la lectures plusieurs personnes dans le public m'aient demandé les références de ces poèmes. Diogo Dória m'a glissé qu'il avait adoré écouter ces textes. Outre la bonne éducation de l'acteur et la qualité des écrits cela montre aussi, je l'espère, que je n'ai pas trop trahi mes amis poètes…

En attendant la sixième édition je veux remercier en particulier deux des organisateurs du festival qui savent allier convivialité et professionnalisme: Sandra Silva et Alex Cortez.








mardi 28 avril 2015

EXPOSITION À LISBONNE "ON NOUS PRESSE"



Mon exposition On nous presse à Lisbonne vient de se terminer. Voici quelques images, depuis les préparatifs jusqu'au vernissage, ainsi que la version française du texte du catalogue.


PHOTOGRAPHIES POUR LE CATALOGUE:


Daniel Nascimento, également auteur de la maquette du catalogue






L'ACCROCHAGE:



Avec Paulo Robalo
Avec Rui Lourenço









L'EXPOSITION:








































LE VERNISSAGE:











TEXTE DU CATALOGUE:


Depuis ‘La Raie’ de Chardin, ‘L’Asperge’ de Manet ou ‘La Chaise’ de Van Gogh nous savons que la manière de représenter importe davantage que ce qui est représenté. De là à s’attacher à un objet usuel, utilitaire, froid et mécanique il n’y a qu’un pas que l’exposition ‘On nous presse’ franchit allé- grement. D’une part parce que sous son apparente banalité le moulin à légumes recèle une vraie richesse formelle, d’autre part parce que métaphoriquement il permet de questionner sur un mode ludique une société qui prône la vitesse, la performance, qui fait pression sur l’individu.
Malgré la diversité de formats, de supports et de techniques l’exposition est conçue comme un ensemble homogène. D’abord par l’utilisation du motif du moulin à légumes, figure centrale de chaque réalisation et trait d’union entre les œuvres. Ensuite par l’omniprésence du cercle et de la courbe, pied de nez à la vélocité de la ligne droite, à la rigidité des angles. Dans la série de petits dessins ainsi que dans la grande peinture c’est l’arabesque qui domine contrariant le rectangle des formats. Dans chaque tondo nous retrouvons pareille présence de la courbe renforcée par la forme circulaire du support. Quant à l’autoportrait c’est la nature même de l’oeuvre, spirale déroulante, qui impose au spectateur un mouvement circulaire. Enfin un autre trait commun à la majorité des des- sins est l’utilisation du papier millimétré comme support. Ce type de papier habituellement associé au domaine scientifique et technique trouve ici une autre fonction, il permet par contraste avec la facture des dessins, tout en courbes, de créer des tensions génératrices de mouvement.
«Se donner du mal pour les petites choses, c’est parvenir aux grandes, avec le temps.» écrivait Samuel Beckett, semblable formule me semble bien résumer la démarche qui est à l’origine de cette exposition. Ainsi même si «on nous presse» il n’appartient qu’à nous de revendiquer la lenteur, d’affirmer notre liberté d’expression, si possible avec humour et élégance... 

ON NOUS PRESSE, Mathieu Sodore, 11 mars 2015

PASSEVITE WHITE CUBE: Rua Maria da Fonte nº54 A, 1170-221 LISBOA / PORTUGAL