samedi 16 février 2013

La mano azul à Barcelone

Le film La mano azul va être projeté dans quelques jours, le 19 février, à la cinémathèque de Barcelone. Cette projection s'inscrit dans un cycle sur cinéma et peinture intitulé "Per amor a l'Art" co-organisé par la cinémathèque de catalogne et le MNAC (Musée national d'art de Catalogne).


J'étais déjà heureux que le film puisse être vu sur les terres de Carmen Amaya, Mayte Martin, Juan Manuel Cañizares ou Miguel Poveda mais lorsque j'ai pris connaissance de la programmation j'ai eu le souffle coupé: La mano azul se trouve en compagnie de réalisateurs et d'artistes qui comptent particulièrement pour moi. A titre d'exemple on peut trouver côté cinéastes Welles, Tarkovsky, Rohmer, Mizoguchi, Wenders, Parajanov ou Godard et côté artistes des "monstres" de la taille de Rembrandt, Munch, Picasso, Caravage, Utamaro ou encore Goya!...


Nb; Le programme complet est disponible ici:

Cinéma et peinture à la radio

A l'occasion des projections du film La mano azul et de l'exposition La música callada del cantaor à Madrid à la Cineteca du Matadero j'ai été interviewé en compagnie du réalisateur Floreal Peleato par Manuel Moraga  pour son émission El callejón del cante. Ce programme de Radio Nacional de España est diffusé dans le monde par Radio Exterior.


L'émission a été diffusée ce samedi 16 février sous le titre Música, ciné y pintura, elle débute avec une interview de la cantaora Gema Caballero puis parle de mes peintures et du documentaire à partir de la 34 ième minute. Pour l'écouter c'est ici:  http://www.rtve.es/alacarta/audios/el-callejon-del-cante/

dimanche 10 février 2013

Exposition à Madrid "La música callada del cantaor"

Tous mes tableaux et dessins de la série La música callada del cantaor seront exposés à Madrid à partir du 13 février. C'est le magnifique centre de création contemporaine le Matadero qui accueille l'exposition.
Le vernissage se déroulera le mercredi 13 février à 22 heures, vous êtes tous invités!



La mano azul V

Deux projections à Madrid du film La mano azul :  le 13 et le 20 février à la Cineteca du Matadero. Le 13 un débat et le vernissage de mon exposition La música callada del cantaor suivront la projection.
Tous les renseignements nécessaires figurent sur l'affiche ci-après.




Arte y Flamenco!


Seguiriya / 2009 / Acrylique sur toile / 162 X 114 cm.

A "Casa Patas", haut lieu du flamenco à Madrid, je participerai jeudi 14 février à une Tertulia sur l'art et le flamenco. C'est à 20 heures (plus ou moins, flamenco oblige...) et il y aura Martín Guerrero (photographe et directeur de "Casa Patas"), Floreal Peleato (réalisateur et écrivain) ainsi que des invités surprises (artistes et flamencos).

Alegría (étude) 2009 / graphite sur papier / 21x14 cm.

CASA PATAS:  C/ Cañizares, 10  MADRID  (Métro Tirso de Molina ou Antón Martín)

http://www.facebook.com/pages/Casa-Patas-flamenco-en-vivo/81216013217?fref=ts 

La mano azul IV


Le film La mano azul a suscité plusieurs commentaires, en voici quelques uns. Les visiteurs de ce blog n'étant pas tous francophones les textes qui suivent sont en français pour certains mais aussi en espagnol et en portugais.



Si alguien pensaba que ya todo estaba dicho en el cine a propósito del flamenco, debería ver La mano azul. Elegantemente filmada, la película toca en realidad diversos palos para convertirse a la postre en su apasionada - y apasionante - indagación sobre los misterios de la creación artística. Peleato rehúye caprichosas derivas para aplicar toda su sensibilidad a la poliédrica tarea de retratar a un atípico creador que, como el propio cineasta, se interroga por el significado del arte.”

Alberto ELENA
Historien du cinéma et professeur à l'université Carlos III de Madrid



Más que un documental, La mano azul es un film-ensayo. Mathieu Sodore es un pintor de rostros. Los busca por donde va, preguntándose cómo lograr expresarlos en un cuadro cuando cada rostro es único e irrepetible. Su arte exige la paciencia de quien practica el tiro con arco: tensión y precisión. (…) El gusto por la pintura de Sodore, se mezcla con el gusto por el cine de Peleato. Por esa distancia “seca” con sus personajes al estilo de Bresson. Por esa sencillez y color al estilo de Ozu. El pensamiento de Sodore sobre la pintura es más que la mera reflexión de un autor sobre un arte que no es moderno, pero que es actual. Es también la reflexión del cineasta por las artes contemplativas. La mano azul es una película contemplativa, como lo es su protagonista, en un momento de la historia donde se le pide al arte interacción y exploración más que contemplación. ¿Esto quiere decir que se trata de una película anacrónica? (…)Peleato con su ensayo piensa haciendo cine, con los medios del cine, con lo poético de sus junturas. El cine de contemplación no ha muerto, porque nos pone, a través de los otros, en contacto con lo más íntimo, con nuestro espíritu. La mano azul, más que mostrarnos el trabajo de Sodore, nos enfrenta a nosotros mismos como el practicante ante el tiro con arco. Peleato, hace zen del cine.

Gabriel ALBA G.
Directeur de l'école de cinéma et télévision
Université Nationale de Colombie


La Mano azul es, además de una hermosa película, un secreto escondido entre los pliegues de la memoria. Cada espectador deberá descubrirlo a través de su propio viaje interior y de su particular mirada. Así es como el pintor Mathieu Sodore y el realizador Floreal Peleato, tal vez sin proponérselo, han ido rescatando algunas voces ocultas tras el silencio de aquello que, en su momento, no se pudo expresar. Además de la belleza que en sí misma encierra esta historia, nos encontramos ante un cruce de culturas que vienen a enriquecerla notablemente. El mutuo respeto entre artista y director en la realización de un trabajo paralelo, en el que los silencios adquieren una dimensión especial, se convierte en una pieza clave que hace posible el hallazgo final.”

Lola MILLÁS
Ecrivain
Ex directrice de la cinémathèque du ministère des affaires étrangères espagnol
AECID (agence espagnole de coopération internationale et dévellopement)



« Superbe film que celui de Floreal Peleato, à la fois biographie de peintre et documentaire. En effet dans La Mano Azul, le réalisateur porte à la fois un regard attentif, respectueux et très précis sur l’œuvre du peintre Mathieu Sodore, devenu son ami. Un regard soucieux de réaliser un véritable défi : être au plus près de la création, sans déranger l’artiste et sans que son film devienne une « leçon de pein­ture »… Il s’agit de rendre un véritable hommage au peintre, en le suivant au quoti­dien dans ses inspirations, ses rencontres, ses voyages, ses choix de vie, tout autant que dans cet atelier, lieu magique où l’œuvre prend forme. (...) Vélasquez disait qu’il peignait les gens « dans leur essence et dans leur état » et à l’instar du maître, Mathieu Sodore, tente de toucher au plus près cette expérience de vie et d’émotions qu’est le cante Flamenco. »
Patricia-Laure THIVAT
Chercheur au CNRS-ARIAS
 Directrice des dossiers "Peinture et cinéma"
et "Peintres et cinéastes" de la revue Ligeia, Dossier sur l’art
Coordonnatrice de l'ouvrage "Biographies de peintres à l'écran" (PUR, 2011)



"Una tela blanca es a la vez un conjunto de hilos y bastidores-una materialidad pura y básica- y una superficie cuyo vacío evoca las mil posibles presencias que podrían venir a poblarla. Ajustando con precisión la distancia para captar el conjunto o el detalle; el movimiento o el gesto; la línea o el rostro vivo que aparece al final como si siempre hubiese existido, la cámara de La mano azul comparte su asombro respetuoso ante el proceso de creación, desde el concepto, el modelo, y cada paso de la ejecución de una obra de arte. Mathieu Sodore inmoviliza el movimiento, captura la voz en el silencio de una imagen para su serie sobre "La música callada del cantaor", y, al acompañarlo tan discretamente, Peleato transmite y provoca a su vez la fascinación hipnótica ante un trabajo- en sus múltiples sentidos, desde un cuadro hasta el oficio del pintor- que reposa en el equilibrio justo entre técnica e inspiración."
                                                                                                                    Pamela BIÉNZOBAS
                                                                                                Critique de cinéma (revue Mabuse,
                                                                                correspondante à Paris de la presse chilienne) 



« Quelle est cette main bleue que Floreal Peleato cherche à fixer en brossant le portrait du peintre Mathieu Sodore ? Est-ce la main tordue, martyrisée, que l’ancien toréador devenu peintre a failli perdre en tentant d’approcher de trop près la furie du taureau ? Ou est-ce la main honteuse, celle qui doit rester dans l’ombre et qui pourtant, face à la toile, se fait l’instrument le plus sûr, le plus précis, le plus vivant de l’artiste ?
(...) Dans l’exercice du portrait, le cinéaste et le peintre semblent unis par une authentique fraternité : même respect pour la ligne, même recherche exigeante de la couleur, même attention appliquée portée aux nuances fuyantes qu’offre la lumière. C’est un travail solitaire et silencieux qui s’opère derrière la porte bleue de l’atelier, une retraite que Floreal Peleato peuple de microscopiques événements sonores, de chants de rues, d’éclats de voix, de lointaines présences enfantines. Le réalisateur a préféré délaisser l’entretien classique pour instaurer une relation sans médiateur entre la voix off du peintre et le spectateur. Le discours mondain sur l’art et la mort de la peinture est, ici, terrassé, mis à mort par la simplicité du rapport que Mathieu Sodore entretient à son art. »

Laetitia MIKLES
Réalisatrice de documentaires
  Collaboratrice de la revue Positif


O silêncio inaugural de La mano azul , quebrado apenas pelo ruído do grafite deslizando sobre a tela, dá a mote a este documentário e permite ao espectador o recohilmento necesario para partilhar a “música silenciosa” de Mathieu Sodore. Este silêncio ê esencial para entendermos o desafio a que o artista plástico se propoe nesta série de retratos de cantaores de flamenco. Como retratar a força, profundidade e dramatismo do cante e a melancolia da soledad numa pintura? Ao longo do filme assinado pelo realizador Floreal Peleato, o espectador vai acompañando o trabalho do “artesão” – no sentido figurado daquele que metódica e pormenorizadamente vai conseguindo avanzando numa difícil tarefa – e entrando simultaneamente no universo pessoal de Sodore. Tal como un “voyeur” que espreita por cima do ombro do artista, escutamos revelações, segredos, partilhamos momentos de intimidade, vistamos lugares e espaços que lhe sao caros. Sentados “a pendura” na sua motorizada, percorremos com ele as ruas da cidade branca e descobrimos toda a dimensão da frase que ele nos susurra ao ouvido: “D’abord c’est l’oeil qui pense puis la main voit ce que l’oeil ne voit pas.”

Sandra SILVA
  Directrice des éditions 101 noites


« En la calle de la sangre
lloran gotitas de pena
los pinceles de Juan Grande »

Souvent - toujours ? - la copla, en quelques mots ,
décoche
et touche au but.
De même , de l'irrigation dans la volonté de ne pas nous montrer mais de raconter les visages dans le coeur d'un peu d'eau, l’œuvre de floréal peleato colporte cette envie de donner soif et à boire.
Tout à coup et pendant une heure, nous sommes d'une même « main bleue » ocre qui caresse ou tue les limbes veinées de terre ramenées du ventre de gaïa.
Alors, bien que nous ne soyons pas du même sang que le peintre , sa rue et ses pinceaux , nous comprenons, quand défilent les images , résonnent les bruits ( le travail sur le son est remarquable ) d'un pressoir de nuit - la pellicule - , les fruits de cette contemplation.
Comme pour la copla.

                                                                                                                         Ludovic Pautier
                                                                                                                         Poète, flamenco

                                                                                                                                       


Nb; les images qui accompagnent les textes sont des photogrammes de La mano azul

samedi 9 février 2013

La mano azul III



Si l'essentiel du film La mano azul a été tourné à Lisbonne l'équipe a filmé, pour une séquence, en Alentejo près de Mértola. Voici quelques photographies du tournage.



Ecriture et réalisation: Floreal Peleato


Image: Edmundo Díaz Sotelo

Son: Filipe Tavares



Nous approchons des mines de São Domingos

Installation de la caméra sur le toit de la voiture pour un travelling alentejano




Les amis qui ont participé au tournage et qui ont occasionnellement manié le clap: Rui, Daniel et Bibito


Les mines, à chaque pas une image qui marque

Couleurs, rythmes, matières d'une oeuvre en devenir

              
                     Capter les contrastes, la lumière: Edmundo
Être attentif au moindre souffle: Filipe

L'équipe s'installe dans les mines

Rigueur des cadrages

Les couleurs habituelles de ma palette: terres, oxyde de fer, ocres

Ma main, ocre, deviendra bleue

Nb; les photographies du tournage sont de Rui Lourenço
Obrigado amigo Rui!



dimanche 3 février 2013

La mano azul II





Pendant le tournage de La mano azul j'ai rédigé de courts textes à partir de notes d'atelier, certaines très anciennes. Ces fragments lus accompagnent en voix off certaines séquences du film. En voici quelques extraits:



Aujourd’hui je me rends compte que la peinture est pour moi une sorte de tir à l’arc très lent. Je ne dois pas chercher, je dois attendre de trouver l’état qui me permet de passer du plaisir du dessin au bonheur de peindre. D’abord c’est l’oeil qui pense, après la main voit ce que l’oeil ne voit pas. Et puis le pinceau commence sa danse sur la toile.


Souvent le cantaor chante les yeux fermés. C’est autour de la bouche que se concentre l’énergie et l’expression. Tantôt la pose hiératique donne à voir le silence, tantôt le déséquilibre du visage nous fait partager le cri. Peindre cela c’est épouver la tristesse de la soleá, le tragique d’une minera, mais aussi l’excitation enflammée de la bulería ou la légèrete joviale d’un cante por alegrías. La música callada del cantaor, la musique silencieuse du chanteur, c’est bien ce que je veux transmettre. Pour chaque palo flamenco, il me faut trouver son rythme et sa couleur.


Au début des années quatre-vingt j’alternais la peinture avec la tauromachie. Près de Salamanque, je n’ai pas su anticiper la charge du taureau par manque de concentration. J’ai le souvenir de ma main écrasée contre le palo de la muleta, le souvenir d’un choc violent, d’une sensation de brûlure. Plusieurs fois j’ai mis ma main gauche en danger, toréer de la main gauche c’est beau mais... Cette main maladroite pour beaucoup m’est essentielle. Et pour toréer, pour écrire, pour tirer à l’arc, pour dessiner elle m’a distingué des autres sans le vouloir. En 1994, à Saint-Sever a eu lieu mon dernier face-à-face avec un taureau. Depuis je me consacre à la peinture, seulement à la peinture.


A la mère d’un apprenti qui lui demande d’apprendre à son fils l’art du peintre, Vélasquez précise dans le contrat d’embauche qu’il lui enseignera l’art de la peinture. Ce n’est pas qu’une simple nuance. Oui, il faut viser l’art de la peinture sans renoncer à l’art du peintre.


Ma fascination pour Dürer remonte à l’époque où je m’essayais au burin aux Beaux-Arts de Bordeaux. Je peinais pour parvenir à creuser un sillon dans le cuivre.
Depuis des années je viens régulièrement « saluer » son Saint Jérôme. Je le contemple longuement. J’aime sa rudesse et ses mains qui font penser à celles d’un travailleur. Dans l’un des dessins préparatoires du tableau les traits sont semblables, à une différence près : le saint a les yeux fermés. Les rouges du manteau, entre carmin, garance, vermillon et cadmium, la subtilité des glacis, le rapport de ces rouges avec les verts du fond révèlent un Dürer plus coloriste que dessinateur.



Quelques années plus tôt il a écrit à propos d’un autre tableau: «Il est de belles et bonnes couleurs, il m’a valu beaucoup de louanges. J’ai fait taire les peintres, ils disaient que j’étais bon pour la gravure mais que je n’avais aucun usage des couleurs».
Semblable confession me touche d’autant plus que ma recherche de la couleur a été pendant longtemps une lutte destinée à contrarier mon tempérament de « peintre-graveur ».



Je ne fais pas partie de ceux qui, passéistes et peu curieux, ne jurent que par l’huile de lin et la térébenthine. Nombre d’artistes qui travaillent la vidéo, l’installation ou la photographie possèdent à mes yeux une œuvre d’une grande force : Bill Viola, Boltanski, Helena Almeida, Kabakov, Andrés Serrano, Kapoor, Cindy Sherman, Gormley ou Bruce Nauman.


En ce qui concerne la peinture j'ai la conviction qu'en dépit de son ancienneté, ou grâce à elle, elle est parfaitement "contemporaine".
Je renvoie ceux qui méprisent couleurs et matières à la dernière séquence du film d'Ozu Les soeurs Munakata; elle nous montre Setsuko déclarant à Mariko sa soeur cadette: "La vraie nouveauté, c'est ce qui ne vieillit pas, malgré le temps".
Ce qui m'importe c'est de me sentir remué, troublé à la vue d'une exposition. C'est parfois le cas: Schnabel au Retiro à Madrid, la salle Rothko à la Tate modern de Londres, Barceló au Macba de Barcelone, Bacon au musée Serralves de Porto, les dessins de Chillida à Leku ou les Tápies récents au monastère de Silos sont des exemples d'expériences qui me donnent simultanément l'envie d'arrêter de peindre et de foncer à l'atelier me saisir des pinceaux.


La série La Música callada del cantaor avance. J’ai renoncé à trois tableaux, trois autres apparaissent. Je me détache peu à peu des dessins prévus. Le trait s’affirme, la gamme de couleurs s’élargit petit à petit. Le bleu que j’ai imaginé pour les fonds m’a déçu et pourtant ma main encore rouge et ocre bientôt peut-être deviendra bleue.


C’est en allant au festival de flamenco de La Unión, près de Murcia, il y a à peu près vingt ans que j’ai découvert les mines voisines. Tout de suite j’ai eu la conviction d’être dans un lieu qui me serait cher sans trop savoir pourquoi. Un peu plus tard l’immense cratère des mines de Río Tinto, dans la région de Huelva, m’a impressionné. Depuis mon arrivée au Portugal un ami m’a conduit jusqu’à la mine abandonnée de Sao Domingos dans le Sud de l’Alentejo. Qu’est-ce qui m’attire dans ces lieux désertés ? Je me sens bien, étrangement bien, dans ces paysages blessés par la main de l’homme que beaucoup trouvent hostiles.


Mon professeur d’arts plastiques au lycée me conseille de faire des autoportraits. Pendant des mois je suis fidèle au même sujet, à la même technique, à la même pose, au même cadrage, à la même composition sur fond de tee-shirt bleu délavé. Et pourtant quelles différences dans mon visage. Bien plus tard j’ai compris que ce n’était pas mon visage qui avait changé mais mon regard et ma main. La série était maladroite, je l’ai détruite... et pendant longtemps je n’ai plus peint d’autoportraits. Depuis la couleur bleu a disparu ou presque de ma palette. C’est d’autant plus étrange que c’est ma couleur préférée, mais quand j’essaie de l’utiliser quelque chose m’échappe ou me résiste. Moi qui aurait tant aimé toréer avec une chaquetilla purísima y oro, bleue et or.


La poésie vient de la lumière mais aussi et peut-être surtout de l’ombre. Le drame vient de la ligne et de la couleur. Je sens bien que me guident le trait et les tons. C’est comme s’ils venaient de moi et cherchaient à s’exprimer entre le clair et l’obscur. Je garde du tir à l’arc le goût de la ligne : verticalité du tireur, horizontalité de la flèche. Concentration, tension puis détente. J’ai éprouvé la même chose en toréant. De la tauromachie à la peinture il y a loin et pourtant pour moi il s’agit toujours d’une recherche de contrastes et d’intensité.





Nb; les images qui accompagnent les textes sont des photogrammes de La mano azul

vendredi 1 février 2013

La mano azul I

Les tableaux exposés à Setúbal (voir post précédent) ont été peints en 2009. Le réalisateur Floreal Peleato a filmé leur élaboration qui a donné naissance au film La mano azul (La main bleue).

SYNOPSIS: 
La main bleue décrit le processus créatif du peintre Mathieu Sodore, qui réside à Lisbonne, tandis qu’il réalise une série de tableaux de grand format, inspirés par des chants flamencos la música callada del cantaor (en référence à  La música callada del toreo livre de José Bergamín) . Il s’agit de saisir ses sentiments, ses pensées, ses doutes, ses mouvements à partir du premier trait qui couvre la toile jusqu’au moment de la signature. Et ceci sans recourir à l’entretien avec l’artiste ou avec d’autres personnes. Il est aussi important de capter en quoi la peinture est un art sonore et tactile. De plus, nous découvrons peu à peu que l’atelier est pour le peintre une cellule, una caverne et un temple dans lequel le temps ne passe pas comme dans les autres lieux de sa vie quotidienne où nous l’accompagnons. Au fil de ce cheminement sa voix nous propose une réflexion sur sa trajectoire personnelle, sur la peinture et sur l’art du portrait.



Trailer: LA MANO AZUL de Floreal Peleato


FICHE TECHNIQUE:
La mano azul
Documentaire, Espagne, 2009, 71 minutes
Auteur-Réalisateur: Floreal Peleato
Image: Edmundo Díaz Sotelo
Son: Filipe Tavares
Montage: Manel Barriere Figueroa
Musique: Enrique Morente
Production-Diffusion : Secoya films

LIEUX DE TOURNAGE:
A LISBONNE:
Atelier Mathieu Sodore, Alfama
Appartement, Bairro Alto
Musée d'art ancien
Fondation Calouste Gulbenkian
British Bar
Tasca do Papagaio
Pois'Café
EN ALENTEJO:
Mines de São Domingos, Mértola

Le film a été projeté lors de festivals et/ou dans des cinémathèques en France, en Espagne, au Portugal,  en Colombie, au Brésil, au Chili, en Bolivie et en Uruguay.


L'équipe de La mano azul: Floreal Peleato, Edmundo Diaz Sotelo, Mathieu Sodore, Filipe Tavares


LA MANO AZUL EST DISPONIBLE SUR LE SITE: 

http://www.filmin.es/pelicula/la-mano-azul


Nb; La sortie du film en DVD est prévue en 2013